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Avoir une double culture : mon cas d’Eurasienne

Mis à jour : avr. 23



Bonjour, bonjour, c’est Amandine ! Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un sujet un peu plus sérieux que d’habitude : celui de la double-culture en France et plus particulièrement de mon cas entre deux cultures très éloignées. En effet, je suis franco-vietnamienne. Mon père est français et vient d’un petit village provençal, tandis que ma mère vietnamienne et est originaire de la capitale, Hanoï. Et pour ma part, j’ai grandi à Grenoble, une ville très sympa avec de belles montagnes et un taux de criminalité très joli aussi 😄


Mon enfance au milieu de ces deux mondes


Moi à 2 ans... Avec mes jolies boucles blondes !

Même si je vis et ai toujours vécu en France, la culture vietnamienne a toujours fait partie de ma vie. Petite, j’ai bien sûr appris les comptines françaises traditionnelles à l’école, mais chez moi je chantais les comptines vietnamiennes ! Petits souvenirs de Con Cò Bé Bé, berceuse que je chantais à tout bout de champ une fois à la maison 😁


Également, chez moi je fêtais, en plus des fêtes françaises, la fête du Têt, qui est le nouvel an vietnamien. Il correspond, tout comme sa version chinoise, au passage d’une année lunaire à l’autre. J’adorais aller au rassemblement organisé par la communauté vietnamienne de ma ville, où se mêlaient danses folkloriques, sketchs humoristiques et plats traditionnels. L’ambiance était dingue, on riait, on chantait et c’était le moment où tout le monde, proches et moins proches, se donnaient des nouvelles.


Néanmoins, j’avais toujours l’impression d’être un ovni, jamais complètement intégrée dans un pays. Quand j’étais toute petite, j’avais les cheveux blonds et bouclés. Pas vraiment l’archétype d’une vietnamienne, n’est-ce pas ? Heureusement en grandissant mes cheveux se sont assombris mais… Mes yeux ont eu l’excellente idée de s’amuser à changer de couleurs, ce qui fait que je peux autant avoir les yeux sombre le matin que bleus le soir ! Et c’est comme ça qu’encore aujourd’hui, j’ai du mal en me regardant dans un miroir à voir la partie physique de moi qui est vietnamienne.


Et pour la France alors ? Après tout, avec mon physique, je devais être intégrée dans ce pays, non ? Et bien… Ce n’est pas si simple. Même si j’ai un physique européen, la culture vietnamienne est très ancrée dans mon esprit. J’allais au Viêtnam tous les deux ans voir ma famille, ma mère parlait très régulièrement au téléphone avec eux, donc le vietnamien m’a bercé tout au long de ma vie. Également, quand j’étais petite, j’étais très fière de mes origines. Et on ne va pas se mentir, un ao dai (la tenue traditionnelle vietnamienne), c’est quand même un déguisement super original pour le carnaval, non ? Mais j’ai été confrontée au racisme dès l’enfance et ça continue toujours aujourd’hui. Néanmoins, j’évoquerai ce sujet un peu plus tard dans l’article.


L’ao dai, composé d'une longue tunique et d'un pantalon

Autre chose : étant donné que ma mère me ressemblait peu physiquement quand j’étais petite, nous avons eu droit à des situations un peu cocasses. La première s’est passé à Hanoï, dans la rue, alors que j’avais deux ans. Une femme s’est tout simplement approché de ma mère alors qu’elle m’avait dans les bras et lui a demandé… Où elle m’avait adoptée. Ça peut vous sembler anodin, mais ma mère a été très énervée de devoir se justifier. Et la deuxième est encore pire : quelques mois plus tard, alors qu’elle venait me chercher à la crèche, ma chère maman a tout naturellement été forcée de montrer sa carte d’identité à l'auxiliaire puéricultrice pour prouver qu’elle était bien ma mère, alors que je courais vers elle pour avoir un câlin. Et il a fallu que la directrice de l’établissement intervienne pour qu’elle puisse enfin me récupérer. Jamais elle ne s’était sentie aussi humiliée que ce jour-là, à devoir prouver par tous les moyens que j’étais la chaire de sa chaire.


Les différences et les ressemblances entre ces deux cultures


Les deux pays ont bien sûr des fonctionnements très différents : la religion principale est différente car au Vietnam je priais Bouddha dans un temple tandis qu’avec ma famille paternelle je priais Jésus dans une église. Aussi, il ne faut pas oublier que le Vietnam est un pays communiste, tandis que la France est plus nationaliste, ce qui donne des différences évidentes d’éducation.

Le lien avec la famille diffère également : dans ma famille maternelle, il est courant de se retrouver les week-ends pour un repas en famille auprès des aînés. Du côté de mon père, cela ne se faisait qu’une à deux fois par an. Après, il s’agit sûrement que de mon point de vue avec mon vécu, mais j’ai l’impression que le lien familial est bien plus présent au Vietnam qu’en France. Un petit exemple, il serait inconcevable au Vietnam de placer nos aînés dans des Ehpad, alors qu’en France c’est très courant.



Un exemple de différence... L'uniforme !

Mais des ressemblances existent pour autant : déjà, depuis plusieurs années le Vietnam tend à s’occidentaliser de plus en plus et les nouveaux quartiers font de plus en plus penser à certaines grandes villes comme Londres ou New York. Également, des valeurs comme le partage ou le goût du dépassement de soi m’ont été enseignées des deux côtés. Après, ne sont-elles pas des valeurs universelles ?

Enfin, le vietnamien est une des seules langues du continent asiatique à utiliser l’alphabet latin (avec bien sûr un lot d’accents inattendus), notamment grâce aux colons français. Et c’est pourquoi, beaucoup de mots vietnamiens sont dérivés des mots français comme Cà phê ou Sô cô la.


Le quartier de la Royal City à Hanoï. Surprenant, n’est-ce pas ?


Le racisme anti-asiatique : de mon enfance au Coronavirus


Je vais maintenant aborder un sujet bien plus sensible et en lien avec l’actualité : le racisme anti-asiatique. Pour beaucoup de personnes, il n’existe pas. Et pourtant…


Depuis que je suis petite, j’y suis confrontée : rien que le “Tching Tchong” balancé dans ma figure dès le CP en est un exemple. Autre chose qui ne fait que véhiculer les clichés : je suis asiatique donc je mange du chien. Quelle est la corrélation entre ces deux affirmations ? C’est comme dire que tous les français mangent des grenouilles, ça n’a pas de sens ! Et pourtant, ce genre de remarques m’a poursuivie toute mon enfance et mon adolescence.

Également, des remarques qui peuvent sembler anodines mais qui blessent : “C’est normal que tu sois bonne en maths, tu es vietnamienne !” Pourtant, il ne me semble pas qu’un gène nommé “bonnes notes en maths” existe ! C’est donc rabaisser mon travail et mes capacités à mes origines, tout comme il est stupide de dire que “les filles sont nulles en maths”, puisque cela ne relève pas de nos chromosomes.


Et n’oublions pas le racisme positif aussi : “La communauté asiatique est la communauté modèle” sous entendu donc que nous ne faisons pas de vague. En effet, notre éducation nous a toujours appris à supporter les problèmes en encaissant tout sans rien dire. Mais ça ne veut pas dire que le problème n’existe pas ou qu’il est réglé ! Cela ne fait que recouvrir d’un drap ce que nous vivons au quotidien, d’autant plus avec un nouveau venu, j’ai nommé le Coronavirus ou Covid-19.

Ce cher Coronavirus… Qui sert à légitimer tous les actes de racisme ! Des insultes aux actes de violence, tout y passe. Rien qu’en scrollant sur Twitter les messages avec le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus, on peut voir les témoignages défiler, certains particulièrement glaçants et tous relayant la dure réalité, celle que beaucoup essaye de se cacher. Ma mère et moi en avons fait les frais malheureusement. Des regards de dégoût au mec qui tout à coup enfile un masque quand je croise son regard pour l’enlever quelques secondes plus tard quand il change de rue, en passant par les insultes, le climat est difficile à supporter. Et encore, nous avons eu de la chance : aucune violence physique ! Pas tous ne pourraient affirmer ça…


En conclusion


Ma double culture m’a beaucoup enrichi et me permet d’avoir une grande ouverture d’esprit au vu des différences culturelles, mais elle m’a aussi valu des moments de doutes, à la recherche de mon identité. J’ai parfois eu honte de mes origines, du fait de devoir assister ma mère dans les démarches administratives. Mais j’ai aussi été très heureuse d’avoir cette originalité qui m’a rendu unique. Je peux rentrer des cours épuisée, entendre ma mère rire au téléphone en vietnamien, et tout de suite me sentir bien tant cette langue me rappelle des moments de joie. Et ça, ça n’a pas de prix.


Voilà, j’espère que cet article vous aura plu, j’y ai mis tout mon coeur et j’espère que cela s’est senti. Sirine évoquera bientôt son expérience et son point de vue d’enfant du monde. En attendant, prenez soin de vous ❤️

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